Luc Richard
PHOTOGRAPHIES
Iran

Téhéran, Ispahan et son incroyable place Naghch-e Djahan classée au patrioine mondial de l'humanité, les dédales des rues de Yazd au portes du désert surmontées de badgirs (tours du vent), Persépolis la capitale de l'empire perse vieille de 2500 ans et Shiraz le berceau du poète Hafez aux mosquées richement décorées de fleurs, de roses et d'oiseaux, ses caravansérails, l'odeur des orangers dans la cour de la madrasa du Khan. L'art des jardins.
L'accueil chaleureux des Iraniens qui ont le coeur sur la main, leur envie de vous parler, de vous faire découvrir leur extraordinaire pays, le raffinement de leur culture, de leur cuisine.
iran

Moscou Moscou

C'est le centenaire de la Révolution d'Octobre.
Moscou se fait belle : elle refait tout à neuf.
Les milliers de clochetons brillent, les façades sont repeintes de couleurs vives.
De mauvaises langues disent que si Moscou se fait si belle, ce n'est pas pour célébrer la Révolution d'Octobre mais pour être prête l'année prochaine pour le Mondial de Football.
Je n'en crois rien.
Sur la Place Rouge, la queue interminable pour accéder au mausolée de Lénine est toujours là.
En face, l'ancien magasin d'Etat, le Goum, a remplacé par des robes de grand luxe et des montres hors de prix les conserves de cornichon.
Je me promène dans la maison en rondins de Tolstoï, dans le bureau de Stanislavski.
Le jour où je cherche la maison de Tchekov, celle-ci est fermée et je m'écarte vite du brouhaha de la circulation sur le boulevard trop large.
Plus loin,je rêve dans le parc où commence "Le maître et Marguerite" de Boulgakov.
J'ai tellement lu les auteurs russes que je me sens chez moi.
Je n'ai pas croisé les ombres de Vassili Grossman, ni celle d'Oblomov repoussant au lendemain la décision qu'il n'arrivera pas à prendre mais je suis sûr qu'elles ne sont pas loin.

Dieu(x) singulier(s)

De retour de la Palestine et d'Israël.

Face au mur des Lamentations, des Juifs prient pour Pessah.
Des Chrétiens d'Orient font la fête pour les Rameaux dans l'église du Saint-Sépulcre où des processions bigarrées de Popes s'étirent autour du tombeau du Christ.
A la mosquée Al-Aqsa, des Musulmans se recueillent loin des caméras.
Plus loin en Palestine, dans l'eau du Jourdain, des Coptes et des Orthodoxes renouvellent leur baptême.
Dieu(x)

Terre sainte Terre sainte

La Palestine, Israël : 5000 ans d'histoire,
3 monothéïsmes entremêlés, une paix qui se cherche.
L'esplanade des Mosquées et le Dôme du rocher, le Mont des Oliviers, le Mur des Lamentations.
Quelques bédouins dans le désert, le sourire des jeunes femmes coquettes de Naplouse...
La modernité clinquante des buildings face à la mer à Tel Aviv mais aussi les immeubles Bauhaus ou de style "éclectique".
A Ramallah, sur le mur à côté d'un mirador, un street-artist a tagué :
"The world is too small for walls".


Bilbao

Bilbao pour le musée Guggenheim bien sûr,
Cette incroyable architecture/sculpture de Franck Gehry
Qui polarise la ville et la force à se dépasser.
Le paséo le long de la Ria et les oeuvres de Jeff Koons, Louise Bourgeois.
A l'intérieur du Guggenheim, l'incroyable installation de Richard Serra "The matter of time".
Et Bilbao enchâssée dans les collines qui se glisse vers la mer toute proche.
Bilbao


crete En Crète.

(Chania, Héraklion, monastères d'Agia Triada, d'Arkadi...)

Le soleil tape sur le petit port de Chania en Crète. C'est l'heure de savourer la vie au pas lent du pays.
La mosquée turque au toit en tiramisu et le phare vénitien sont les deux attractions de la promenade pendulaire dont le touriste s'échappe parfois en journée pour aller goûter la quiétude ocre d'un monastère orthodoxe au milieu des oliveraies.
Dans les jardins intérieurs, l'architecture scandée d'absides mammaires et d'escaliers improbables semble sortir d'une toile de Chirico.
Au soleil couchant, la jetée devient pour les couples d'amoureux un théâtre en ombres chinoises propice aux selfies.



Fès

Le quartier des tanneurs, les peaux qui sèchent sur la colline et les toits,
Les cuves de teinture, l'odeur âcre des préparations qui macèrent.
Les venelles qui n'en finissent plus de se perdre dans la Médina.
Les artisans qui peignent en bleu cobalt les céramiques.
Le Mellah presque désert avec ses façades écaillées,
Son cimetière blanc et son jardin d'orangers
et enfin une échappée dans la montagne, les ruines romaines de Volubilis et des villages berbères.
Fès


Ecoute pousser le riz Ecoute pousser le riz

C'est la mousson et je m'enfonce dans les collines et la jungle du nord de la Thaïlande
Certains villages tribaux accueillent des populations déplacées sous prétexte de lutte
contre la déforestation.
A Angkor, au milieu des temples qui se battent contre la jungle, les apsaras dansent
depuis des siècles avec toujours la même grâce.
A Luang Prabang, la délicatesse d'une culture raffinée fait oublier le chaos de Bangkok.

J'écoute le riz pousser...

Andalousie

Séville et Cordoue. Février 2013, la beauté ciselée de ces villes arabo-andalouses est au rendez-vous.
Nos pas s'égarent entre la Giralda, les murs ocres de Santa Cruz, l'Alcazar et ses jardins, la Grande Mosquée de Cordoue...
ecoute

stpetersbourg Saint Pétersbourg

Saint-Pétersbourg créée de toutes pièces par un tsar amoureux d'Amsterdam et de l'Italie.
L'extraordinaire musée de l'Hermitage où un personnage de Rembrandt regarde passer, fatigué, les hordes galopantes de touristes qui ne le voient pas.
Saint-Pétersbourg sortie d'un siècle de communisme qui se régale des marques, des limousines et du bling-bling.
Où les jeunes mariés viennent lever leur verre de champagne russe devant l'églie Saint-Sauveur sur le sang versé.

Marrakech

Nous arrivons le lendemain de la grande manifestation du 20 février. Le printemps arabe a commencé en Tunisie et en Egypte.
Quelques mois plus tard, l'attentat du café Argania secouera la place.
Puis ce seront les premiers pas vers une monarchie constitutionnelle.

Pourtant Marrakech n'en montre rien.
Mon regard s'égare dans Marrakech au delà des camaïeux de murs ocres, dans les intérieurs ciselés ... Une odeur succulente de tajine nous accueille.
Marrakech

nyc New York

J'ai attendu longtemps avant de traverser l'Atlantique.
Et puis,j'ai fini par me décider et je n'ai pas regretté.
New York m'a carrément bluffé. C'est si grand, si varié, si riche culturellement, si contrasté, si... trop !
Si j'ose dire !


San Francisco

Il fait franchement frais pour un mois d'août et après New York la trépidante, on se croirait, quand on arrive à San Francisco, dans une ville de province. Des quartiers entiers d'adorables "maisons bleues adossées à la colline" étirent la ville dans une tranquillité déconcertante.
Les ombres de la Beat Generation et de Coppola se croisent au pied de Chinatown. Parmi les "communautés visibles", les latinos et les asiatiques sont prépondérants mais les frenchies sont aussi bien implantés. La meilleure boulangerie de la ville s'appelle "Boudin" (ça ne s'invente pas) et fait une miche de pain au levain excellente qui vaut le détour...
sf

Massala Chaï (Népal, juillet 2008) Massala Chaï (Népal)

En juillet 2008, je découvre le Népal: la vallée de Katmandu, les chiens qui hurlent, les véhicules qui klaxonnent de tous côtés.
Tous les soirs, les pannes de courant plongent la capitale dans le noir. Les rivières qui descendent de l'Himalaya sont saccagées par la pollution.
Et au delà de tout ce stress, des népalais gentils, accueillants, souriants malgré des conditions de vie difficiles.
Des népalais artistes qui ont laissé sur leurs temples des chefs d'œuvres sculptés dans le bois, témoignage d'une religiosité très vivante.
Après des heures de car dans des conditions rocambolesques, j'arrive à Pokhara, au pied des Annapurna. Ce n'est pas la bonne saison pour le trek mais nous sommes loin de la capitale et le bord du lac et les montagnes sont un havre de paix. Les grèves générales régulières qui paralysent le pays ont ici un écho affaibli.

Massala Chaï (Inde)

Le Rajasthan et les capitales mogholes. L'incroyable écart entre ce monde de Maharajas richissimes, ces palais au raffinement inouï, ces dentelles de pierre et la pauvreté difficilement supportable qui la jouxte.
Et puis à tous les détours de rue, un temple ou un lieu sacré. Ces pèlerins qui marchent en balayant le sol devant eux pour ne pas risquer de tuer le plus petit moucheron.
Un conducteur de pousse-pousse qui dort sur son engin dans old Delhi, la fierté de ces râjasthânis enturbannés, la nonchalance coquette de ces femmes en sarees de fêtes au Taj Mahal, les rires des enfants, les échoppes de vendeur de lasshi ou de Massala ChaÏ...
Dans le désert du Thar, des éoliennes font une ligne d'horizon. Il paraît qu'elles alimentent les projecteurs qui éclairent la frontière avec le Pakistan. Le soir, la ronde des avions de chasse rythme de ses vrombissements le calme ocre de Jaisalmer.
Massala Chaï (Inde, août 2008)

Paris-ci et par-là (2008) Paris-ci et par là

Au hasard de mes promenades dans Paris.
Une jeune femme métisse passe devant les pions noirs et blancs d'un échiquier de rue.
Un consistoire de chaises longues vides s'ennuie sur Paris plage.
Des saints mangés par la pollution et le temps attendent derrière des filets de protection qu'un budget du Patrimoine viennent leur refaire bonne figure...

Un poco agitato (Venise)

J'ai adoré Venise.
Et pourtant c'est une des villes d'Italie que je n'étais vraiment pas pressé d'aller visiter.
Trop de.
Venise c'était saturé pour moi, saturé d'images mentales, de clichés, de gondoles, d'amoureux, de pigeons ...
Et puis, je me suis perdu dans ses infinis détours.
Alors côté photo, moi qui me suis penché 30 ans sur des tirages barytés en noir et blanc, j'ai eu envie puisque je photographiais Venise en couleur de la saturer, de l'outrer, ce qui a donné "Un poco agitato !"
Un poco agitato (Venise, août 2009)

Tuscany's nostalgy Tuscany's nostalgy

La Toscane. Voyage superbe s'il en fut. La peinture bien sûr. Le quatrocento. Les peintres siennois et les fresques de Pierro della Francesca.
Mais les paysages surtout, ces paysages devant lesquels mon appareil photo est tombé en panne alors que le voyage commençait.
Seul mon téléphone portable pouvait faire des photos. Elles ressemblent à des vieilles photos des années 60 aux couleurs délavées. Tout semble perdu dans le flou des souvenirs.
On entendrait presque le bruit du projecteur super 8 alors que les images saccadées annoncent que le matériel est à 2 doigts d'expirer en transformant le film en accordéon...



Lien vers le site d'un ami :
Pierre Mouchet, sculpteur
© Luc Richard 2008-2019 / lucmarierichard@gmail.com